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Gascon veut réécrire l’histoire au camp des Olympiques

QMJHL

 

Il est possible d’affirmer qu’Ève Gascon est mature bien au-delà de ses 18 ans. Cela vient avec le territoire lorsqu’on emprunte un cheminement au hockey qui nécessite une courbe d’apprentissage aussi raide que la sienne.

Pour Gascon, qui est devenue en 2018 la première joueuse à évoluer dans la Ligue de développement de hockey M18 AAA du Québec avec le Phénix du Collège Esther-Blondin, cette formation sur le terrain se poursuit cette semaine en tant qu’invitée au camp des recrues des Olympiques de Gatineau.

La native de Terrebonne est la quatrième femme de l’histoire de la ligue à recevoir une telle invitation. Pour l’entraîneur-chef et directeur général des Olympiques Louis Robitaille, la décision était logique.

« Nous l’avions sur notre radar l’an dernier », a expliqué Robitaille à propos de Gascon, qui a été ignorée lors des repêchages 2020 et 2021 de la LHJMQ. « En ce qui concerne notre formation du camp d’entraînement, nous voulions amener un autre gardien de but pour nous assurer d’avoir une bonne profondeur et une bonne compétition. J’ai senti qu’Ève serait un excellent choix. Elle venait de terminer un excellent camp avec Hockey Canada. Nous étions vraiment honorés et ravis qu’elle accepte notre invitation et fasse de Gatineau l’une des étapes de son rêve de hockey. »

Gascon, qui a aidé à mener Équipe Canada à la médaille d’argent au Championnat mondial féminin des moins de 18 ans 2020 de l’IIHF, ne s’attendait pas à recevoir un appel du circuit Courteau. Cependant, il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour s’adapter, à la fois mentalement et physiquement.

« Je n’avais aucune idée (que les Olympiques étaient intéressés) », admet-elle. « Je revenais tout juste du camp de Hockey Canada et je n’y pensais pas vraiment, surtout après ne pas avoir été repêchée au cours des deux dernières années. J’étais très heureuse de recevoir cette invitation. »

« (Le camp) se passe super bien », poursuit-elle. « Le jeu est plus rapide (à ce niveau) mais je pense que j’ai très bien fait les premiers jours. Je suis vraiment excitée de continuer. »

Robitaille est ravi d’ajouter son grain de sel à la modeste auto-évaluation de Gascon.

« Je suis vraiment impressionné par son calme, son professionnalisme », observe-t-il. « Lors de notre premier match intra-équipe, on pouvait voir qu’elle était un peu nerveuse au début, mais après quelques tirs, elle s’est calmée et a pu garder son équipe dans le match. Je suis content pour elle qu’elle ait fait une bonne première sortie. On ne se le cachera pas, il y avait de la pression là. Elle joue très bien et montre qu’elle mérite d’être ici. »

Pour Gascon, qui comme tant d’autres a vu sa saison 2020-2021 anéantie par la pandémie de Covid-19, ce sentiment de nervosité est tempéré par l’excitation de retrouver une certaine normalité dans le sport qu’elle aime tant.

« Le hockey m’a beaucoup manqué l’an dernier », admet-elle. « Ce fut une période difficile mentalement pour moi. C’est super de pouvoir revenir sur la glace, tant avec les joueurs masculins que féminins. »

Le hockey continuera d’être au cœur de la vie de Gascon après son séjour à Gatineau. Ayant déjà annoncé ses intentions de se joindre à l’Université de Minnesota-Duluth en 2022, c’est avec plaisir qu’elle ajoutera son temps avec les ‘Piques – sans parler de la notoriété qu’elle en a acquise – à son impressionnante feuille de route.

« Il y a eu beaucoup d’attention sur elle depuis qu’elle est ici, mais elle ne veut pas être ici pour ça », dit Robitaille. « Elle veut simplement être une gardienne de but et prouver qu’elle veut être ici. Pouvoir se concentrer et performer comme elle le fait sur la glace, malgré tout le bruit qui l’entoure, est tout à son honneur. »

« Je sais que c’est la deuxième fois que je vis cela (après avoir fait ses débuts avec les garçons au niveau AAA des moins de 18 ans), mais ça fait toujours un peu bizarre », admet Gascon. « L’organisation des Olympiques m’a vraiment beaucoup aidée à tout gérer. Je pense que c’est une excellente occasion pour moi-même et pour les autres joueuses de prouver que nous pouvons jouer avec les garçons. Cette attention n’est pas seulement pour moi, c’est pour tout le hockey féminin. »

Pour aider Gascon à mieux acquérir cette perspective, on retrouve une personne qui n’est pas étrangère aux amateurs de hockey de niveau élite.

Cela fait plus de deux décennies que Charline Labonté est entrée dans les livres d’histoire en tant que première femme, et à ce jour la seule, à remporter un match de saison régulière dans la Ligue canadienne de hockey alors qu’elle gardait les buts du Titan d’Acadie-Bathurst. L’ancienne médaillée d’or olympique d’Équipe Canada a été une mine d’informations et de soutien pour Gascon durant sa propre aventure dans la LHJMQ.

« Charline a été vraiment formidable avec moi », avoue Gascon. « Elle est très importante dans ma vie. Elle m’a dit de profiter du moment, de rester dans le présent et de continuer à travailler fort. Elle sait que je mérite d’être ici, que ce n’est pas seulement pour la (publicité). »

Robitaille, qui a lui-même joué dans la LHJMQ en même temps que Labonté et qui la considère comme une bonne amie, voit dans l’invitation de Gascon une ouverture pour d’autres femmes désireuses de se frayer un chemin jusqu’au plus haut niveau du hockey junior.

« Nous espérions qu’il y en aurait eu plus depuis (que Labonté était dans la ligue)”, dit-il. « Cependant, avec la visibilité accrue du hockey féminin ces derniers temps, nous en verrons peut-être plus dans les années à venir. Ève est ici en train de prouver qu’elle peut tenir bon avec les gars de notre équipe. J’espère que cela ouvrira plus d’opportunités pour d’autres jeunes femmes. »

En même temps, l’exigence de base dont tous les athlètes ont besoin pour réussir, et que Gascon possède en abondance, n’échappe pas à Robitaille.

« Tout dépend de si vous êtes prêt ou non à jouer à ce niveau, ou à n’importe quel niveau en fait”, opine-t-il. « Ève est un excellent exemple. Elle n’est pas la plus grande gardienne, mais elle est athlétique, elle a une très bonne compréhension du hockey et elle est très compétitive. C’est ce que vous attendez de tout athlète, homme ou femme. Elle se sent prête et ne fait que le prouver avec nous ici. »

Et Gascon? Comment se sent-elle de pouvoir attacher ses jambières dans la LHJMQ?

« Je sais que si j’étais plus jeune et que j’avais vu quelque chose comme ça se produire, cela aurait fait une différence (pour moi) », répond-elle. « Ça envoie le bon message, de travailler dur et de ne jamais abandonner. »

Espérons que cela envoie également un message que les jours où les femmes gagnent leur place au sein de clubs de hockey historiquement masculins deviennent plus une norme qu’une exception.

 

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